Allocation chômage (ARE)
Conditions d'ouverture de l'ARE, calcul de l'indemnité, durée d'indemnisation pour les seniors, cumul retraite et activité.
Mis à jour le 23 mai 2026
27 mois
Durée max d'indemnisation pour les 55 ans et plus (filière senior)
57 %
Taux de base de l'ARE, calculé sur le salaire journalier de référence
Taux plein
Maintien des droits jusqu'à la liquidation à taux plein possible
Optimiser vos droits ARE avant de signer quoi que ce soit
Le montant de votre allocation, la durée de vos droits, le maintien jusqu'à la retraite, le cumul avec une activité réduite : ces paramètres dépendent du détail de votre situation. Nous les calculons pour vous, avant que vous acceptiez une rupture ou un départ.
Les points essentiels
Ce que vous nous demandez
Quelles sont les conditions pour percevoir l'ARE ?
L'ouverture des droits suppose trois éléments. Premier élément, une rupture involontaire du contrat (licenciement, rupture conventionnelle, fin de CDD, ou démission limitativement reconnue comme légitime. Deuxième élément, une durée d'affiliation minimale : 6 mois travaillés (130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois, fenêtre étendue à 36 mois dès 53 ans. Troisième élément, l'inscription comme demandeur d'emploi auprès de France Travail dans les délais impartis.
Reste une condition de fermeture : ne pas avoir liquidé une pension de retraite à taux plein, ce qui clôt automatiquement la porte. Quant à la démission simple, elle exclut l'ARE) sauf cas limitatifs : suivi de conjoint, violences conjugales, ou projet de reconversion validé par une commission Transitions Pro (loi du 5 septembre 2018, art. L. 5422-1 II CT).
Comment est calculé le salaire journalier de référence (SJR) ?
Toute la mécanique repose sur le SJR. On additionne les salaires bruts perçus sur la période de référence (24 ou 36 mois selon l'âge) puis on divise par le nombre de jours calendaires travaillés, dans la limite d'un diviseur plafonné par la Convention Unédic.
Le montant journalier de l'ARE retient ensuite le plus élevé de deux calculs : soit 40,4 % du SJR + 13,18 € (part fixe revalorisée chaque année), soit 57 % du SJR. Plancher : 32,13 € par jour depuis le 1er juillet 2025. Plafond : 75 % du SJR. Ces paramètres bougent à chaque révision de la Convention d'assurance chômage.
Quelle est la durée d'indemnisation pour les seniors ?
La durée varie en trois paliers selon l'âge à la date de fin du contrat. Moins de 53 ans : 18 mois maximum. Entre 53 et 54 ans : 22,5 mois. À partir de 55 ans : 27 mois (la fameuse filière senior. La règle reste un jour indemnisé pour un jour travaillé, dans la limite du plafond applicable à la tranche d'âge.
Atteindre le maximum de 27 mois suppose d'avoir travaillé au moins autant sur la période de référence de 36 mois. Beaucoup de demandeurs d'emploi seniors plafonnent en deçà, faute d'une carrière continue sur les trois années précédant la rupture.
L'ARE peut-elle être maintenue jusqu'à la retraite à taux plein ?
Cette possibilité existe : on l'appelle la « clause de maintien ». Quatre conditions à réunir : avoir atteint l'âge légal d'ouverture des droits à la retraite) soit entre 62 ans 9 mois et 64 ans selon la génération, fourchette LFSS 2026 ; être indemnisé au titre de l'ARE depuis au moins un an ; justifier de 12 ans d'affiliation à l'assurance chômage ; totaliser au moins 100 trimestres tous régimes confondus.
Lorsque ces seuils sont franchis et que l'allocataire arrive en fin de droits avant d'avoir atteint le taux plein, France Travail prolonge le versement jusqu'à la liquidation à taux plein. Ce mécanisme sauve, dans la pratique, la fin de carrière de seniors licenciés à un âge où retrouver un emploi tient parfois du parcours du combattant.
Peut-on cumuler l'ARE et une activité réduite ?
Le cumul est possible, et la règle a beaucoup évolué. Il n'existe plus de plafond mensuel d'heures depuis 2014 (la limite des 110 heures que l'on évoque parfois n'a plus cours.
Le mécanisme actuel est mensuel : France Travail calcule chaque mois l'allocation due en déduisant 70 % du salaire brut déclaré du montant mensuel d'ARE théorique. L'avantage est double) conserver un revenu d'appoint, et « économiser » des jours d'allocation non consommés qui repoussent d'autant la fin de droits.
Quel est le délai de carence ARE après une rupture conventionnelle ?
Un différé d'indemnisation s'applique avant le premier versement. Il se compose de trois éléments cumulés : le délai d'attente légal de 7 jours, le différé congés payés (calculé sur les indemnités compensatrices versées), et le différé spécifique calculé sur la part de l'indemnité supérieure au minimum légal de licenciement, divisée par le SJR puis multipliée par 90/30.
Le différé spécifique est plafonné à **150 jours**, soit environ 5 mois. En pratique : une indemnité de rupture généreuse peut repousser l'ARE de cinq mois. Variable à intégrer dès la négociation, en jouant à la fois sur le montant de l'indemnité et sur la date d'effet de la rupture.
Les fonctionnaires ont-ils droit à l'ARE ?
L'accès existe, sous conditions. Un agent contractuel dont le contrat prend fin, ou un fonctionnaire titulaire mis en disponibilité, peut ouvrir des droits dans des conditions proches du privé.
Pour les titulaires, l'ouverture passe le plus souvent par une démission reconnue légitime (réforme Avenir professionnel de 2018) ou par les hypothèses statutaires prévues par les textes. La gestion peut être assurée directement par l'employeur public (c'est l'auto-assurance) ou déléguée à France Travail. Le mécanisme reste perçu comme opaque par beaucoup d'agents.
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